{"id":9360,"date":"2024-10-17T09:03:15","date_gmt":"2024-10-17T07:03:15","guid":{"rendered":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/?p=9360"},"modified":"2024-10-17T09:05:45","modified_gmt":"2024-10-17T07:05:45","slug":"cravate-letoffe-symbolique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/2024\/10\/17\/cravate-letoffe-symbolique\/","title":{"rendered":"Cravate : l\u2019\u00e9toffe symbolique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-contenu-embarqu wp-block-embed-contenu-embarqu\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"wlYDNhCSpa\"><a href=\"https:\/\/www.bouillantes.com\/cravate-letoffe-symbolique\/\">Cravate : l\u2019\u00e9toffe symbolique<\/a><\/blockquote><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"\u00ab\u00a0Cravate : l\u2019\u00e9toffe symbolique\u00a0\u00bb &#8212; \" src=\"https:\/\/www.bouillantes.com\/cravate-letoffe-symbolique\/embed\/#?secret=lnAM6CjG3h#?secret=wlYDNhCSpa\" data-secret=\"wlYDNhCSpa\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-contenu-embarqu wp-block-embed-contenu-embarqu\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"tSQxEnlARm\"><a href=\"https:\/\/www.bouillantes.com\/leffacement-de-la-cravate-des-consequences-de-la-tete-au-pied\/\">L\u2019effacement de la cravate : des cons\u00e9quences de la t\u00eate aux pieds<\/a><\/blockquote><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"\u00ab\u00a0L\u2019effacement de la cravate : des cons\u00e9quences de la t\u00eate aux pieds\u00a0\u00bb &#8212; \" src=\"https:\/\/www.bouillantes.com\/leffacement-de-la-cravate-des-consequences-de-la-tete-au-pied\/embed\/#?secret=HepGH1xJCw#?secret=tSQxEnlARm\" data-secret=\"tSQxEnlARm\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>BOUILLANTES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Exp\u00e9diteur&nbsp;:<\/strong> franck@bouillantes.com<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td>Mercredi 16 octobre 2024 <a href=\"https:\/\/atabula.us5.list-manage.com\/track\/click?u=16a8de072abc12439612f014b&amp;id=caa7dab4c7&amp;e=bd54be90e1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a><strong>Cravate : l\u2019\u00e9toffe symbolique<\/strong><br><em>par Franck Pinay-Rabaroust<\/em><strong> La cravate ne constitue plus vraiment un sujet au restaurant. Elle n\u2019est plus obligatoire nulle part, contrairement \u00e0 la veste, encore exig\u00e9e dans quelques c\u00e9nacles gastronomiques en l\u00e9ger d\u00e9calage avec leur \u00e9poque. Ce petit bout de tissu, solidement arrim\u00e9 au cou avec son noeud coulant, voit son empire d\u2019usage de plus en plus r\u00e9duit, tandis que sa puissance symbolique reste forte. \u00c0 travers ce simple bout d\u2019\u00e9toffe, le restaurant d\u00e9montre qu\u2019il reste un fid\u00e8le reflet de notre soci\u00e9t\u00e9 et de ses moeurs<\/strong> Quelle dr\u00f4le d\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9voquer la cravate pour comprendre le restaurant au 21e si\u00e8cle. Elle n\u2019y est plus obligatoire depuis plusieurs ann\u00e9es, elle n\u2019est port\u00e9e, selon un rapide sondage absolument pas fiable, par gu\u00e8re plus de 25% des convives dans les plus belles tables de la capitale en moyenne, elle est de plus en plus d\u00e9laiss\u00e9e par le personnel de salle qui pr\u00e9f\u00e8re de loin une tenue d\u00e9contract\u00e9e pour se mettre au niveau du client. Dans la vie civile, elle reste un standard requis \u2013 sans \u00eatre obligatoire \u2013 pour quelques professions, comme une sorte de signe ext\u00e9rieur de prestige qui vous pose le bonhomme en haut de l\u2019\u00e9chelle, sociale et \u00e9conomique. \u00c0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, haut temple du pouvoir politique, elle fut longtemps exig\u00e9e, \u00e0 de rares exceptions, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019abb\u00e9 Pierre (qui pr\u00e9f\u00e9rait d\u2019autres cravates manifestement) et sa soutane. Plus r\u00e9cemment, en 2022, le tr\u00e8s droitier Eric Ciotti s\u2019est publiquement \u00e9mu du \u00ab&nbsp;rel\u00e2chement vestimentaire&nbsp;\u00bb des \u00e9lus de la France Insoumise, lesquels porteraient atteinte \u00e0 l\u2019institution en ne portant pas le sacro-saint costume-cravate. Pour clore des d\u00e9bats qui s\u2019enflammaient, l\u2019Assembl\u00e9e a finalement d\u00e9cid\u00e9 de modifier son r\u00e8glement d\u00e9but novembre 2022, lequel pr\u00e9cise d\u00e9sormais qu\u2019une tenue \u00ab&nbsp;neutre, convenable, non d\u00e9tendue ni, a fortiori, n\u00e9glig\u00e9e&nbsp;\u00bb est impos\u00e9e. De fait, la veste reste obligatoire, la cravate simplement recommand\u00e9e. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, s\u2019habiller comme le peuple pour les d\u00e9put\u00e9s Insoumis, d\u2019autre part s\u2019en diff\u00e9rencier pour habiller la fonction pour une partie des \u00e9lus de droite , voil\u00e0 le d\u00e9bat. Rappelons cette image de G\u00e9rald Jean Moussa Darmanin (chaque pr\u00e9nom a son importance !), alors \u00e0 la t\u00eate du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, qui d\u00e9tacha ostensiblement sa cravate sur le perron du Palais de l\u2019Elys\u00e9e \u00e0 la sortie de ce qui devait \u00eatre son dernier conseil des ministres. Tout \u00e9tait dans le symbole : tomber la cravate, c\u2019est quitter la fonction, c\u2019est changer de \u00ab&nbsp;peau&nbsp;\u00bb, c\u2019est redescendre l\u2019ascenseur (social) en prenant l\u2019escalier (pr\u00e9sidentiel) ; c\u2019est revenir \u00e0 hauteur du peuple, celui qui votera pour lui en 2027. Si la cravate s\u2019efface de plus en plus, de l\u2019Assembl\u00e9e nationale au restaurant, elle conserve toujours sa puissance symbolique.&nbsp;<br><br>Cravate, fonction, statut, restaurant, cherchez l\u2019intrus. Ou les intrus. Depuis de longues ann\u00e9es, tous les restaurants, sans exception ou presque, cherchent \u00e0 se d\u00e9mocratiser, \u00e0 \u00e9largir leur base de client\u00e8le ou, tout simplement, \u00e0 coller aux attentes de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019exemple du Plaza Ath\u00e9n\u00e9e (Paris, 8e arr.) est en cela symptomatique (lire notre article ci-dessous). Hier, \u00e9poque Alain Ducasse, il fallait s\u2019habiller, la veste \u00e9tait de rigueur, pour tous, sans exception. Aujourd\u2019hui, \u00e9poque Jean Imbert, il faut juste se fringuer. Un t-shirt de marque et une paire de baskets (hors de prix bien s\u00fbr) feront l\u2019affaire. La client\u00e8le a \u00e9volu\u00e9 et le ticket moyen n\u2019a rien perdu de sa superbe. C\u2019est d\u00e9sormais le costard-cravate qui ferait presque t\u00e2che dans le cadre baroque du palace de l\u2019Avenue Montaigne.&nbsp;<br><br>Aujourd\u2019hui, exiger la cravate au Plaza Ath\u00e9n\u00e9e comme ailleurs rel\u00e8verait de l\u2019erreur strat\u00e9gique et sociologique. Pour tous les acteurs du restaurant. Pour le personnel de salle, l\u2019heure est d\u00e9sormais \u00e0 la d\u00e9contraction professionnelle, au service d\u2019un client qui entend \u00eatre bien trait\u00e9, mais certainement plus avec la d\u00e9f\u00e9rence et les codes d\u2019hier. Une tenue bon chic bon genre suffit, \u00e0 quoi il faut simplement ajouter une bonne dose d\u2019empathie et une douce \u00e9loquence pour s\u00e9duire le client, m\u00eame r\u00e9tif ou retors. Au bout de tissu inerte, on pr\u00e9f\u00e8re discuter le bout de gras entre deux plats. Quant au mangeur, lui imposer un objet d\u2019apparat qui se rapproche de l\u2019uniforme, d\u00e9connect\u00e9 de son quotidien, c\u2019est le contraindre sur un terrain, vestimentaire, o\u00f9 il entend rester maitre de lui-m\u00eame. Que les enfants portent l\u2019uniforme \u00e0 l\u2019\u00e9cole pour abolir les diff\u00e9rences sociales, pourquoi pas, mais imposer la m\u00eame chose \u00e0 un adulte au restaurant ne semble plus d\u2019actualit\u00e9. Quant au cuisinier, fort \u00e9tranger \u00e0 la cravate depuis la nuit des temps, cela fait bien longtemps que la casquette a remplac\u00e9 la toque.&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;L\u2019homme s\u2019est v\u00eatu pour exercer son activit\u00e9 signifiante. Le port d\u2019un v\u00eatement est fondamentalement un acte de signification, au-del\u00e0 des motifs de pudeur, de parure et de protection. C\u2019est donc un acte profond\u00e9ment social install\u00e9 au c\u0153ur m\u00eame de la dialectique des soci\u00e9t\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/strong><br><br><em>Roland Barthes<\/em>,&nbsp;<em>La mode et les sciences humaines<\/em> S\u2019il n\u2019est pas utile d\u2019avoir lu Roland Barthes dans ses grandes lignes pour comprendre le statut si particulier de la cravate dans notre soci\u00e9t\u00e9, il pourrait \u00eatre n\u00e9anmoins int\u00e9ressant de s\u2019interroger plus largement sur l\u2019habit et le restaurant, autrement dit sur la \u00ab&nbsp;tenue&nbsp;\u00bb vestimentaire et la \u00ab&nbsp;tenue&nbsp;\u00bb comportementale. Il y a quelques ann\u00e9es, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 un tantinet surpris de voir un petit \u00e9criteau scotch\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du restaurant Maison Bras (Laguiole), pr\u00e9cisant que \u00ab&nbsp;les shorts, bermudas et tongs \u00e9taient interdits&nbsp;\u00bb. J\u2019avais pos\u00e9 la question du pourquoi une telle interdiction au maitre des lieux. Sa r\u00e9ponse tombait sous le sens : \u00ab&nbsp;Parce qu\u2019il n\u2019est pas rare de voir arriver des clients en short et chaussures ouvertes.&nbsp;\u00bb Sans \u00eatre serr\u00e9 du col, la compatibilit\u00e9 entre le standing d\u2019une table multi-\u00e9toil\u00e9e et la trilogie short-chaussettes-claquettes n\u2019est pas maximale. Entre la tenue \u00ab&nbsp;casual&nbsp;\u00bb et le duo veste-cravate, il y a une mode d\u2019\u00e9cart et une multitude d\u2019options convenables. Mais ce petit \u00e9criteau montre \u00e0 lui seul une certaine d\u00e9rive actuelle o\u00f9 l\u2019on confond d\u00e9contraction contemporaine et je-m\u2019en foutisme global.&nbsp;<br><br>Apr\u00e8s l\u2019abandon en rase campagne de l\u2019obligation de la cravate, faut-il un rappel \u00e0 l\u2019ordre, un retour de l\u2019autorit\u00e9 du restaurant sur le client mangeur \u00e0 l\u2019allure n\u00e9glig\u00e9 ? Certains diront que cela s\u2019appelle l\u2019\u00e9ducation et que ce n\u2019est pas au restaurateur et son \u00e9quipe de s\u2019en occuper. Ils n\u2019ont pas tort. Si la cravate ne constitue plus en elle m\u00eame un sujet central du restaurant, elle concentre et symbolise une certaine fa\u00e7on d\u2019appr\u00e9hender le restaurant en lien avec le savoir-\u00eatre individuel et le savoir-vivre collectif. \u00c0 travers l\u2019exemple de ce simple bout d\u2019\u00e9toffe, le restaurant montre qu\u2019il est encore et toujours le reflet de notre soci\u00e9t\u00e9 et de ses moeurs.&nbsp;___<em>Photographie<\/em>&nbsp;|&nbsp;Natalie Blauth_____<br><br><a href=\"https:\/\/atabula.us5.list-manage.com\/track\/click?u=16a8de072abc12439612f014b&amp;id=694e3bf174&amp;e=bd54be90e1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a><strong>L\u2019effacement de la cravate :<br>des cons\u00e9quences de la t\u00eate aux pieds<\/strong><br><em>par Franck Pinay-Rabaroust<\/em><strong>La cravate disparait, c\u2019est un fait. Incontestable. Au restaurant, elle s\u2019efface au profit d\u2019une simple chemise, d\u2019un petit polo chic ou d\u2019un modeste t-shirt plus ou moins bien taill\u00e9. Le tout sera parfois surmont\u00e9 d\u2019une veste qui lissera les diff\u00e9rences, mais encore, ce n\u2019est pas certain. Venez comme vous \u00eates semble \u00eatre un slogan partag\u00e9 par tous les acteurs de la restauration. Mais l\u2019effacement de ce signe distinctif n\u2019est pas sans emporter de multiples cons\u00e9quences au sein du restaurant, de la t\u00eate au pied.<\/strong>Remontons un peu le temps et \u00e9coutons l\u2019inoxydable directeur du restaurant du Plaza Ath\u00e9n\u00e9e (Paris, 8e arr.) Denis Courtiade qui r\u00e9sume \u00e0 lui tout seul, \u00e0 travers sa propre exp\u00e9rience, l\u2019\u00e9volution de la cravate ces derni\u00e8res ann\u00e9es : \u00ab&nbsp;Quand je travaillais au restaurant du Louis XV, \u00e0 Monaco, dans les ann\u00e9es 90, les belles chaussures, la veste et la cravate, donc la chemise \u00e9galement, \u00e9taient obligatoires, sans que cela ne pose le moindre souci. Quelques ann\u00e9es plus tard, au 59 Poincar\u00e9 (Paris, 16e arr.), le port de la cravate devenait plus probl\u00e9matique. \u00c0 chaque service, il fallait sensibiliser plusieurs clients et leur en donner une discr\u00e8tement. En 2000, au d\u00e9but de l\u2019aventure au Plaza Ath\u00e9n\u00e9e, j\u2019ai expliqu\u00e9 \u00e0 Alain Ducasse que nous ne devions plus imposer la cravate. En revanche, la veste, elle, le restait. Avec nos trois \u00e9toiles au restaurant gastronomique, il s\u2019agissait de maintenir un minimum de standing. Depuis l\u2019ouverture de la nouvelle table de Jean Imbert, tout d\u00e9but 2022, il n\u2019y a plus aucun dress code impos\u00e9.&nbsp;\u00bb \u00c0 ce jour, Denis Courtiade estime qu\u2019un client masculin sur quatre de son restaurant porte toujours une cravate. \u00ab&nbsp;Le client cravat\u00e9 constitue une toute petite minorit\u00e9 chez nous. \u00c0 part pour les hommes politiques et les \u2018repr\u00e9sentants d\u2019image\u2019, elle ne se porte presque plus. M\u00eame dans le secteur de la finance, on sent qu\u2019elle disparait&nbsp;\u00bb avance Adeline Fournier, directrice du restaurant Omar Dhiab (Paris, 1er arr.). M\u00eame son de cloche du c\u00f4t\u00e9 de la rue Lauriston au sein du restaurant Alan Geaam (Paris, 16e arr.). Pour son directeur, Aymeric Geusselin, \u00ab&nbsp;la client\u00e8le de bureau a souvent tendance \u00e0 l\u2019enlever avant de p\u00e9n\u00e9trer chez nous.&nbsp;\u00bb Enlever la cravate pour se sentir plus \u00e0 l\u2019aise ? Pour briser la glace de l\u2019apparat et \u00eatre simplement soi ? Comme le narre l\u2019\u00e9crivain Paulo Coelho, \u00ab&nbsp;la seule utilit\u00e9 de la cravate, c\u2019est qu\u2019on la retire sit\u00f4t chez soi pour se donner l\u2019impression d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de quelque chose, mais on ne sait pas de quoi.&nbsp;\u00bb<br><br>Le sans cravate, une lib\u00e9ration, il y a de cela. Au Plaza Ath\u00e9n\u00e9e, lib\u00e9r\u00e9 des apparats obligatoires, la client\u00e8le s\u2019en donne d\u00e9sormais \u00e0 coeur joie. \u00ab&nbsp;Aujourd\u2019hui, nous avons de tout en salle. Cela va du pull tr\u00e8s color\u00e9 au smoking-noeud papillon, en passant par le kimono ou le petit polo. Le port de la veste obligatoire permettait de maintenir une certaine uniformit\u00e9&nbsp;\u00bb explique Denis Courtiade. \u00ab&nbsp;Nous nous contentons d\u00e9sormais de simplement recommander une tenue \u00e9l\u00e9gante. Mais la diversit\u00e9 des tenues rend la salle plus vivante \u00e0 partir du moment o\u00f9 il y a dans chaque tenue un minimum d\u2019\u00e9l\u00e9gance&nbsp;\u00bb ajoute-t-il. Les cravates et vestes hier requises sommeillent dans un placard \u00ab&nbsp;probablement pour toujours&nbsp;\u00bb sourit le directeur du restaurant. Pour Adeline Fournier et Aymeric Geusselin, le constat d\u2019une franche d\u00e9contraction vestimentaire est le m\u00eame. \u00ab&nbsp;Si les personnes \u00e2g\u00e9es maintiennent toujours un certain standing, la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration ne porte absolument pas la cravate, et certains client semblent ne pas avoir conscience de l\u00e0 o\u00f9 ils vont&nbsp;\u00bb juge ce dernier. Tous les acteurs de la salle portent le m\u00eame regard : les tendances ont chang\u00e9, la mode a \u00e9volu\u00e9. Denis Courtiade : \u00ab&nbsp;Personne ne s\u2019habille pour manquer de respect. En revanche, une certaine client\u00e8le s\u2019habille pour se faire remarquer, pour se d\u00e9marquer. Ils sont jeunes, puissants, souvent riches ; le v\u00eatement constitue de fait un signe de distinction fort ou d\u2019appartenance \u00e0 une communaut\u00e9.&nbsp;\u00bb Le directeur du Plaza Ath\u00e9n\u00e9e note aussi que, souvent, \u00ab&nbsp;les femmes sont appr\u00eat\u00e9es, tr\u00e8s joliment habill\u00e9es, alors que leur compagnon n\u2019a manifestement pas fait le m\u00eame effort vestimentaire.&nbsp;\u00bb Une v\u00e9rit\u00e9 largement constat\u00e9e dans de nombreuses tables. En d\u00e9pit de ces \u00e9volutions, aucune des personnes interrog\u00e9es ne notent des soucis importants avec un client qui aurait d\u00e9pass\u00e9 les bornes du mauvais go\u00fbt. Manifestement, la tenue de sport s\u2019impose de plus en plus souvent, \u00ab&nbsp;notamment chez les Am\u00e9ricains qui sont connus pour leur d\u00e9contraction vestimentaire. Mais que dire quand le prix du jogging d\u00e9passe probablement mon salaire&nbsp;\u00bb rigole Adeline Fournier. Qui ajoute : \u00ab&nbsp;Nous acceptons tout le monde. Parfois nous nous regardons avec le personnel de salle et nous levons les yeux au ciel en souriant. Mais nous ne sommes pas des divas de la restauration. Chacun \u00e0 sa place au restaurant Omar Dhiab.&nbsp;\u00bb<br><br>Et la tenue du personnel de salle, comment \u00e9volue-t-elle ? Aymeric Geusselin explique que l\u2019\u00e9quipe de salle du restaurant Alan Geaam a fait des essais avec et sans cravate. \u00ab&nbsp;On sent que le client n\u2019a pas la m\u00eame perception du service en fonction de sa pr\u00e9sence ou de son absence. Et, fait incroyable, nous avons not\u00e9 une augmentation des pourboires lorsque nous ne portions pas la cravate, comme si le client nous sentait plus proche de lui, \u00e0 son image.&nbsp;\u00bb Du c\u00f4t\u00e9 de la rue H\u00e9rold, Adeline Fournier argumente sur leur choix vestimentaire : \u00ab&nbsp;Nous avons opt\u00e9 pour un costume de couleur verte afin de casser les codes classiques. Pour tout le monde, c\u2019est t-shirt et baskets blanches. C\u2019est \u00e9l\u00e9gant et d\u00e9contract\u00e9. Surtout, \u00e7a casse la distance avec le client qui se sent, de fait, plus \u00e0 l\u2019aise.&nbsp;\u00bb Pour le client comme pour le personnel de salle, l\u2019effacement de la cravate au restaurant a des cons\u00e9quences. De la t\u00eate aux pieds.<br><br><a href=\"https:\/\/atabula.us5.list-manage.com\/unsubscribe?u=16a8de072abc12439612f014b&amp;id=d913cf2eff&amp;t=b&amp;e=bd54be90e1&amp;c=0d344030df\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Vous d\u00e9sabonner<\/a><br>Une question ?&nbsp;franck@bouillantes.com<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BOUILLANTES Exp\u00e9diteur&nbsp;: franck@bouillantes.com Mercredi 16 octobre 2024 Cravate : l\u2019\u00e9toffe symboliquepar Franck Pinay-Rabaroust La cravate ne constitue plus vraiment un sujet au restaurant. Elle n\u2019est plus obligatoire nulle part, contrairement \u00e0 la veste, encore exig\u00e9e dans quelques c\u00e9nacles gastronomiques en l\u00e9ger d\u00e9calage avec leur \u00e9poque. Ce petit bout de tissu, solidement arrim\u00e9 au cou avec [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":9362,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[55],"tags":[],"featured_image_src":{"landsacpe":["https:\/\/deniscourtiade.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LOGO-Bouillantes-V2.jpg",580,117,false],"list":["https:\/\/deniscourtiade.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LOGO-Bouillantes-V2-463x117.jpg",463,117,true],"medium":["https:\/\/deniscourtiade.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LOGO-Bouillantes-V2-300x61.jpg",300,61,true],"full":["https:\/\/deniscourtiade.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LOGO-Bouillantes-V2.jpg",580,117,false]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9360"}],"collection":[{"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9360"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9360\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9364,"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9360\/revisions\/9364"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9362"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9360"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9360"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/deniscourtiade.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9360"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}